Un contraste surréaliste entre deux articles.

Modérateur: benjamin

Un contraste surréaliste entre deux articles.

Message par benjamin » Dim Nov 15, 2009 8:09 am

* Les forces de l'ordre de Saint Georges, obéissant avec zèle aux ordres venus d'en haut, continuent de soigner les relations publiques avec nos voisins amapaenses: un groupe de journalistes d'outre-Oyapock venus rencontrer le 2 novembre dernier, lors d'un déjeuner ,quelques homologues de ce côté-ci du futur pont, se sont retrouvés embastillés illico-presto par la PAF, voyant dans ces dangereux plumitifs qui ne cherchaient certes pas à se cacher, une menace très sérieuse pour l'économie, l'environnement et la sécurité de la République. Mis à l'ombre, ils n'ont dû qu'à l'intervention d'un contact sur place et d'un représentant de la Mairie leur autorisation... de retourner de l'autre côté sans avoir déjeuné. Ils diffusent désormais leur histoire auprès des médias en ligne de l'Amapá.

* Rappelons qu'il y a quelques mois, lors d'une grande réunion des autorités locales des deux territoires frontaliers, des journalistes de télévision, pourtant bien reconnaissables, s'étaient également fait refouler, les images ayant brillamment illustré nos velléités d'instaurer un "marché commun du plateau des Guyanes" très présidentiellement annoncées récemment. Par ailleurs, la PF fait désormais des "blitz" revanchards de temps en temps, contrôlant les Guyanais en goguette qui , pris dans les brumes des Caïpirinhas frelatées d'Oiapoque, auraient oublié de faire tamponner leur passeport. Sans doute faudra-t-il remettre en service les téléphériques du bagne des iles du Salut pour se passer les marchandises d'un bord à l'autre, pendant qu'on s'expulsera les journalistes et les touristes éméchés d'un bout à l'autre d'un pont vide.


Et...

Le président Lula participait le 10 novembre dernier à São Paulo au déjeuner du Forum de l'Innovation France-Brésil, dans le cadre des événements de clôture de l'année de la France au Brésil. Lors de son discours, Lula a indiqué que "la France n'avait pas su encore trirer profit de sa position en Amérique du Sud", du fait de sa présence en Guyane Française. Il a ajouté que "La France doit assumer son côté Sud-Américain, regarder vers l'Union Européenne, vers l'Europe de l'Est, mais aussi vers l'Amérique du Sud, continent duquel la France fait aussi partie". Pour lui, la France doit participer aux discussions sur l'Amazonie, étant le seul pays européen à y être présent. Il a rappelé que la consolidation du partenariat stratégique entre le Brésil et la France s'était encore raffermi pendant cette année de la France au Brésil, précisant qu'aujourd'hui "le Brésil est le principal partenaire de la France en Amérique Latine, que les échanges entre les deux pays se sont accrus de 12,8% entre 2007 et 2008". Il a souligné que le partenariat avec la France n'est pas qu'économique, mais également stratégique (cinq sous-marins et 50 hélicoptères ont déjà fait l'objet d'accords de fabrication). Par ailleurs, le nombre d'étudiants brésiliens en France a doublé entre 2003 et 2009, ils sont désormais plus nombreux qu'aux Etats-Unis.


C'est à se demander si Lula sait ce qui se passe aux frontières de son pays (certes, l'Amapa est un peu le trou du c.l du monde pour le Brésilien moyen, mais quand même...)

J'ai vécu des années à Saint-Georges, et cette bourgade - comme Oiapoque en face - disposait de tous les usages liés aux villes frontières: pasage libre de l'une à l'autre, d'autant plus qu'il y a des liens familiaux et amicaux nombreux entre les habitants.

Évidemment, cette tolérance ne doit s'appliquer qu'à la frontière même et il n'est pas question de laisser (d'un côté ou de l'autre) les gens s'enfoncer dans le territoire du pays opposé sans satisfaire aux formalités administratives.

Alors même que les relations entre les deux pays sont exécrables et que la frontière est officiellement fermée, les transfrontaliers algéro-marocains passent à peu près librement: je l'ai constaté de visu

Puis il y a eu (la dernière année où je résidais là-bas) un changement "d'atmosphère": un groupe de collégiens d'Oiapoque, sans bagage et en uniforme scolaire (dur de faire moins discret: il semblait évident qu'ils ne venaient pas jouer les immigrés clandestins) accompagné de deux professeurs pour venir un après-midi présenter un spectacle de danse lors de la fête de l'établissement homologue guyanais a failli se faire refouler.

Il aurait fallu, pour être en règle, qu'ils déposent une demande de visa (50 euros chacun sans certitude de l'obtenir) transitant par Macapa puis Brasilia! (à noter que la personne de la préfecture de Cayenne nous a parlé du "consul (honoraire?) de France à Oiapoque" qui n'existait que dans les brumes de son incompétence crasse)

Je suis étonné que les flics de la PF soient si magnanimes. Il y a bien des pays où, pour le dixième de cela, on traquerait le Français un peu en dehors des clous (le chasseur de très jeunes filles en goguette à Oiapoque, sans tampon sur son passeport par exemple, espèce très représentée localement) pour le "charger" au maximum.

Gendarmes, militaires, douaniers français vont aussi régulièrement à Oiapoque faire leurs courses sans faire tamponner leur passeport. Ça serait drôle d'en alpaguer un en appliquant simplement la loi brésilienne.

Et je ne parle pas de ces enseignants français qui habitent à l'année "en face" sans le moindre titre de séjour, certains par goûts, d'autres du fait de l'impossibilité de se loger à Saint-Georges! (j'ai failli en faire partie contre mon gré) Là ce n'est même pas "entrée irrégulière", mais "séjour irrégulier"

Au lieu de cela, la PF fait preuve d'une étonnante mansuétude. Je me souviens d'un benêt qui avait passé 15 jours à Belém en passant par Macapa et le bateau, sans être passé par la PF (il ne savait pas que ça se faisait et il ne parlait pas un mot de portugais)

Quand au retour le policier en faction exceptionnelle à l'aéroport l'a coincé, j'ai fait l'interprète et après quelques minutes de palabres, ce benêt a pu s'en sortir sans même une amende, juste avec une grosse engueulade et la promesse de ne jamais recommencer.

D'après la loi, il risquait une énorme amende, la prison et une interdiction de séjour au Brésil ; comme en plus le couillon a commencé par se rebiffer, style "gringo arrogant", jusqu'à ce que je lui dise de fermer sa gueule faute de quoi je le laissais se débrouiller, je me suis dit que le flic était très "nouveau Testament" : si on te donne une baffe, tends l'autre joue...

Je sais bien, qu'il y a de gros intérêts économiques à l'échelle d'Oiapoque, pour laisser les Français dépenser leur argent sur place sans trop les embêter. Mais avec la multiplication de ces provocations imbéciles de la PAF, je suis prêt à prendre le pari qu'un jour, des mesures rétroactives très spectaculaires seront prises et qu'on aura des compatriotes embastillés. Et ce jour là, des bonnes âmes de chez nous hurleront à l'injustice...

Question que je me pose encore : puisqu'on ne veut pas que les Brésiliens entrent en Guyane, même pour acheter des sardines, puisque la Guyane n'exportera jamais rien en face (sauf si on y met un atelier de construction de Rafales, et encore c'est pas gagné :) ) en ces temps de disette financière... A QUOI CELA SERT-IL DE CONSTRUIRE UN PONT QUI VA COÛTER UNE FORTUNE?
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Re: Un contraste surréaliste entre deux articles.

Message par ayemara » Jeu Nov 19, 2009 5:52 pm

Pour répondre à ta dernière question ?
Le futur pont entre nos 2 pays servira à mettre davantage les français en danger.
Parce que les présidents de nos 2 pays ne pensent qu'à leurs interets économiques et stratégiques et n'accordent aucune place à l'Homme et à sa protection sociale ?

Mon Pére Jean Claude MONTGENIE décéde tragiquement le 5 octobre à l'Hopital Sao Camilo à cause de la négligence médicale dûe à l'absence de convention ou d'accord sanitaire entre la France et le Brésil.

Un dossier de dénonciation de la vérité est en cours... Je cherche des partisans pour mener à bien une action qui visera à mieux protéger les français qui s'exposent aux risques médicaux du Brésil.


benjamin a écrit :
* Les forces de l'ordre de Saint Georges, obéissant avec zèle aux ordres venus d'en haut, continuent de soigner les relations publiques avec nos voisins amapaenses: un groupe de journalistes d'outre-Oyapock venus rencontrer le 2 novembre dernier, lors d'un déjeuner ,quelques homologues de ce côté-ci du futur pont, se sont retrouvés embastillés illico-presto par la PAF, voyant dans ces dangereux plumitifs qui ne cherchaient certes pas à se cacher, une menace très sérieuse pour l'économie, l'environnement et la sécurité de la République. Mis à l'ombre, ils n'ont dû qu'à l'intervention d'un contact sur place et d'un représentant de la Mairie leur autorisation... de retourner de l'autre côté sans avoir déjeuné. Ils diffusent désormais leur histoire auprès des médias en ligne de l'Amapá.

* Rappelons qu'il y a quelques mois, lors d'une grande réunion des autorités locales des deux territoires frontaliers, des journalistes de télévision, pourtant bien reconnaissables, s'étaient également fait refouler, les images ayant brillamment illustré nos velléités d'instaurer un "marché commun du plateau des Guyanes" très présidentiellement annoncées récemment. Par ailleurs, la PF fait désormais des "blitz" revanchards de temps en temps, contrôlant les Guyanais en goguette qui , pris dans les brumes des Caïpirinhas frelatées d'Oiapoque, auraient oublié de faire tamponner leur passeport. Sans doute faudra-t-il remettre en service les téléphériques du bagne des iles du Salut pour se passer les marchandises d'un bord à l'autre, pendant qu'on s'expulsera les journalistes et les touristes éméchés d'un bout à l'autre d'un pont vide.


Et...

Le président Lula participait le 10 novembre dernier à São Paulo au déjeuner du Forum de l'Innovation France-Brésil, dans le cadre des événements de clôture de l'année de la France au Brésil. Lors de son discours, Lula a indiqué que "la France n'avait pas su encore trirer profit de sa position en Amérique du Sud", du fait de sa présence en Guyane Française. Il a ajouté que "La France doit assumer son côté Sud-Américain, regarder vers l'Union Européenne, vers l'Europe de l'Est, mais aussi vers l'Amérique du Sud, continent duquel la France fait aussi partie". Pour lui, la France doit participer aux discussions sur l'Amazonie, étant le seul pays européen à y être présent. Il a rappelé que la consolidation du partenariat stratégique entre le Brésil et la France s'était encore raffermi pendant cette année de la France au Brésil, précisant qu'aujourd'hui "le Brésil est le principal partenaire de la France en Amérique Latine, que les échanges entre les deux pays se sont accrus de 12,8% entre 2007 et 2008". Il a souligné que le partenariat avec la France n'est pas qu'économique, mais également stratégique (cinq sous-marins et 50 hélicoptères ont déjà fait l'objet d'accords de fabrication). Par ailleurs, le nombre d'étudiants brésiliens en France a doublé entre 2003 et 2009, ils sont désormais plus nombreux qu'aux Etats-Unis.


C'est à se demander si Lula sait ce qui se passe aux frontières de son pays (certes, l'Amapa est un peu le trou du c.l du monde pour le Brésilien moyen, mais quand même...)

J'ai vécu des années à Saint-Georges, et cette bourgade - comme Oiapoque en face - disposait de tous les usages liés aux villes frontières: pasage libre de l'une à l'autre, d'autant plus qu'il y a des liens familiaux et amicaux nombreux entre les habitants.

Évidemment, cette tolérance ne doit s'appliquer qu'à la frontière même et il n'est pas question de laisser (d'un côté ou de l'autre) les gens s'enfoncer dans le territoire du pays opposé sans satisfaire aux formalités administratives.

Alors même que les relations entre les deux pays sont exécrables et que la frontière est officiellement fermée, les transfrontaliers algéro-marocains passent à peu près librement: je l'ai constaté de visu

Puis il y a eu (la dernière année où je résidais là-bas) un changement "d'atmosphère": un groupe de collégiens d'Oiapoque, sans bagage et en uniforme scolaire (dur de faire moins discret: il semblait évident qu'ils ne venaient pas jouer les immigrés clandestins) accompagné de deux professeurs pour venir un après-midi présenter un spectacle de danse lors de la fête de l'établissement homologue guyanais a failli se faire refouler.

Il aurait fallu, pour être en règle, qu'ils déposent une demande de visa (50 euros chacun sans certitude de l'obtenir) transitant par Macapa puis Brasilia! (à noter que la personne de la préfecture de Cayenne nous a parlé du "consul (honoraire?) de France à Oiapoque" qui n'existait que dans les brumes de son incompétence crasse)

Je suis étonné que les flics de la PF soient si magnanimes. Il y a bien des pays où, pour le dixième de cela, on traquerait le Français un peu en dehors des clous (le chasseur de très jeunes filles en goguette à Oiapoque, sans tampon sur son passeport par exemple, espèce très représentée localement) pour le "charger" au maximum.

Gendarmes, militaires, douaniers français vont aussi régulièrement à Oiapoque faire leurs courses sans faire tamponner leur passeport. Ça serait drôle d'en alpaguer un en appliquant simplement la loi brésilienne.

Et je ne parle pas de ces enseignants français qui habitent à l'année "en face" sans le moindre titre de séjour, certains par goûts, d'autres du fait de l'impossibilité de se loger à Saint-Georges! (j'ai failli en faire partie contre mon gré) Là ce n'est même pas "entrée irrégulière", mais "séjour irrégulier"

Au lieu de cela, la PF fait preuve d'une étonnante mansuétude. Je me souviens d'un benêt qui avait passé 15 jours à Belém en passant par Macapa et le bateau, sans être passé par la PF (il ne savait pas que ça se faisait et il ne parlait pas un mot de portugais)

Quand au retour le policier en faction exceptionnelle à l'aéroport l'a coincé, j'ai fait l'interprète et après quelques minutes de palabres, ce benêt a pu s'en sortir sans même une amende, juste avec une grosse engueulade et la promesse de ne jamais recommencer.

D'après la loi, il risquait une énorme amende, la prison et une interdiction de séjour au Brésil ; comme en plus le couillon a commencé par se rebiffer, style "gringo arrogant", jusqu'à ce que je lui dise de fermer sa gueule faute de quoi je le laissais se débrouiller, je me suis dit que le flic était très "nouveau Testament" : si on te donne une baffe, tends l'autre joue...

Je sais bien, qu'il y a de gros intérêts économiques à l'échelle d'Oiapoque, pour laisser les Français dépenser leur argent sur place sans trop les embêter. Mais avec la multiplication de ces provocations imbéciles de la PAF, je suis prêt à prendre le pari qu'un jour, des mesures rétroactives très spectaculaires seront prises et qu'on aura des compatriotes embastillés. Et ce jour là, des bonnes âmes de chez nous hurleront à l'injustice...

Question que je me pose encore : puisqu'on ne veut pas que les Brésiliens entrent en Guyane, même pour acheter des sardines, puisque la Guyane n'exportera jamais rien en face (sauf si on y met un atelier de construction de Rafales, et encore c'est pas gagné :) ) en ces temps de disette financière... A QUOI CELA SERT-IL DE CONSTRUIRE UN PONT QUI VA COÛTER UNE FORTUNE?
Pour JCM
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Message par benjamin » Ven Nov 20, 2009 7:08 am

Tout en compatissant à ta peine et en te présentant mes condoléances (j'ai aussi connu ton père), je ne comprends pas bien le rapport entre les deux questions.

Qu'un Français entre au Brésil en canot ou par le pont, il en sera toujours de même: il pénètrera dans un pays où le système de santé est nettement plus rustique - surtout dans les zones rurales, surtout dans l'état d'Amapa qui est un des plus pauvres et un des plus mal gérés)

D'ailleurs, si on est bien mieux soigné en Guyane que dans la plupart des pays d'Amérique latine (je parle de ceux qui n'ont pas de pognon: les cliniques et hôpitaux privés des grandes villes sont aussi performants que leurs homologues français), on l'est bien plus mal que dans l'hexagone: il y a encore une nette différence dans l'espérance de vie, et certaines pathologies qui sont guéries dans cet hexagone ne le sont guère en Guyane où il vaut mieux ne pas choper de cancer, de maladie cardiaque grave, etc. Les praticiens ne sont pas en cause, mais il faut garder en tête qu'un seul CHU de France dessert une population bien supérieure à l'ensemble de la Guyane, et que malgré tout ils se spécialisent (en outre les coups portés en ce moment au système de santé public me font dire qu'on obtiendra bientôt l'égalité en nivellant par le bas!)

Chaque personne qui va au Brésil doit savoir qu'il court statistiquement plus de risques qu'en Guyane et a fortiori qu'en Europe. Et à l'exception de la Suisse et de la Norvège, je ne connais pas de pays hors de l'UE qui ait une convention médicale avec la France. D'où la nécessité d'être très prudent (ce qui n'évite pas tout) et d'être bien assuré afin d'être à même de se faire transférer dans un bon établissement. En existe-t-il dans l'Amapa? J'en doute...

************************

J'en reviens à la question de base: manifestement, on ne veut pas que les Brésiliens - sauf exception rare - entrent en Guyane (je ne rentre pas dans le débat de savoir si c'est fondé ou non)

Depuis la Guyane qui ne se suffit pas du tout à elle même, on n'exportera rien vers le Brésil, bien plus compétitif en raison des standards sociaux divergents.

On ne tient pas à ce que les Brésiliens exportent en Guyane (sauf quelques bricoles): cela mettrait en danger les grossium locaux qui ne vivent que de la dépendance de la Guyane vis à vis de l'hexagone.

La route brésilienne ne débouche que sur Macapa, elle est dangereuse et son terminus est un cul de sac.

ALORS POURQUOI FAIRE UN PONT? Franchement, les catrais actuels suffisent très largement pour les passagers, et une barge pour les très rares voitures aussi. D'autant plus qu'il faut à mon avis être inconscient pour s'engager sur cette route avec son propre véhicule, non assuré de surcroît.
Benjamin
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