les revendications syndicales au Brésil (article du 5/02)

Modérateur: benjamin

les revendications syndicales au Brésil (article du 5/02)

Message par benjamin » Sam Fév 06, 2010 8:00 am

* Au Brésil également, la question de la réduction de la durée hebdomadaires du travail se pose: aujourd'hui fixée à 44h, elle pourrait demain passer à 40h, selon les souhaits d'une partie des forces politiques du pays, appuyées par les syndicats. Parallèlement, le coût des heures supplémentaires serait revalorisé, passant d'un surcoût de 50 à 75%. Les arguments qui s'opposent nous sont étrangement familiers: répartition du travail disponible entre davantage de salariés, augmentation de la productivité renforcée par une disponiblité plus grande pour se former, contre inquiétudes sur le coût du travail et sa compétitivité de l'autre. (Agência Brasil)

* La législation du travail est paradoxale au Brésil: si les salaires restent peu élevés, la protection des travailleurs est en théorie importante : 13ème mois obligatoire, indemnités chômage, obligations diverses... Dans la pratique, cela ne concerne que les très grandes entreprises (et pas leurs prestataires), et surtout pas les 50% de travailleurs qui sont employés de façon informelle et vivent au jour le jour sans la moindre sécurité, ni règle.


Il faut également signaler la très grande disparité entre les salaires au nord et au sud. Dès lors que l'on est dans une entreprise déclarée ayant pignon sur rue, il est rarissime que l'on touche "um salario" (un salaire minimum) à S. Paulo, alors qu'à Belém, dans le privé, le salaire minimum est... quasiment le salaire maximum sauf pour quelques cadres et ce bien que la vie soit nettement plus chère que dans le sud.

Cela explique l'attrait pour la fonction publique (général au Brésil mais encore plus développé au nord) où non seulement les salaires sont plus élevés, mais où en plus on a la sécurité et... des possibilités de bosser à côté: le népotisme fait qu'on engage bien plus de gens qu'il ne faut et donc, que les gens en place ont des loisirs. En plus, leur emploi leur donne des informations et des possibilités "logistiques" utiles pour les activités annexes.. Un peu la situation en Guyane, encore plus tranchée certes.

Un comptable de l'état du Para, que je connais, a un cabinet en ville qui lui rapporte cinq fois son salaire public!

Quant aux emplois informels... je connais également un coiffeur qui a son salon "au noir" et qui gagne (en travaillant dur) 1300 R$ par mois en moyenne. Il a cherché un emploi régulier pour avoir le "plan de santé" qu'il souhaitait pour ses gosses, on ne lui proposait que 600 R$. Il est resté au noir... comme 70% des gens qui bossent à Belém où en plus, c'est un vrai cauchemar administratif que d'employer quelqu'un de façon régulière!

________________

Bref, si ces revendications syndicales passent, elles amélioreront la situation des gens qui ne sont pas les plus malheureux au Brésil.

Comme les 35h en France qui ont donné des RTT aux cadres, mais qui ont fait stagner les bas salaires, aggravé les conditions de travail (annualisation, augmentation des cadences, etc.) de beaucoup de gens.

De l'effet parfois pervers de bonnes intentions...
Benjamin
Avatar de l’utilisateur
benjamin
 
Message(s) : 420
Inscription : Dim Juil 01, 2007 1:53 pm
Localisation : Meaux (3/4) - Belém (1/4)

Retour vers Commentaires sur les articles de Brasilyane.com

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron