Triste Amapa...

Modérateur: benjamin

Triste Amapa...

Message par benjamin » Jeu Mai 14, 2009 8:03 am


L'article...

# A ceux qui voudraient comprendre pourquoi les travaux d'infrastructures ne se terminent jamais, ou seulement après des années et de multiples interruptions dans l'état voisin (les exemples sont nombreux: route BR156, aéroport, Beira Rio de Macapá, Beira Rio d'Oiapoque, jetée sur l'Amazone...), l'exemple de Laranjal Do Jari est édifiant. Dans cette ville très pauvre, située à la limite du Pará, sur une berge du fleuve Jarí, tous les projets lancés par le gouvernement sont soit interrompus, soit reportés pour causes d'irrégularités multiples et de surfacturations énormes.

# Ainsi, le pont qui devait enjamber le fleuve Jarí et permettre une liaison terrestre avec la ville paraense de Monte Dourado reste-t-il inachevé: le marché, passé en 2003 prévoyait un coût de 20 millions de Reis: aujourd'hui, seuls 39% des travaux sont achevé, et on parle de 4,5 millions de détournements. Entre autres joyeusetés, les contrôleurs ont appris que le lieu d'ouverture des offres lors de l'attribution du marché avait été changé au dernier moment, de sorte que seule la société attributaire soit présente...

# Une passerelle en béton, financée pour plus d'un million de reis, est restée inachevée, 50% des travaux ayant été realisés alors que 70% de l'argent a été versé. Les habitants ont dû réaliser eux mêmes un accès en bois pour utiliser l'existant...

# Plus grave encore, le relogement promis aux habitants par le gouvernement amapaense lors du terrible incendie qui avait ravagé la ville en 2006 (voir plus bas dans les archives) reste encore à l'état de projet. L'appel d'offres pour la construction des 751 maisons prévues a dû être suspendu tellement les irrégularités étaient flagrantes. (source: Portal da Amazônia)

# Voilà comment se passent les choses chez nos voisins amapaenses, comment celui-ci a réussi à faire partie des très rares états du Brésil à connaître une croissance négative ces dernières années, comment la misère et le sous-développement s'y perpétue.


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Tout cela est tristement vrai... Mais le Brésil est sorti de la dictature et les dirigeants de l'Amapa (gouverneur, parlement) sont élus par les citoyens de cet état.

Tant que l'amélioration des structures éducatives et du contenu de l'enseignement n'évoluera pas, il en sera toujours de même.

L'électeur amapaense ne cherche en général qu'à obtenir la désignation d'élus susceptibles de répondre à ses propres demandes individuelles (moyennement contrepartie), il n'intègre nullement le fait que des services publics doivent être au service du public dans son ensemble, et non de ceux qui n'y ont accès que par l'entremise d'un "parrain".

C'est par le biais d'une éducation populaire militante que l'on viendra à bout de cet état de choses. Mais cela prendra des années, il faudra une ou deux générations pour que ça évolue... à supposer que les opposants veuillent vraiment que ça évolue, au lieu de simplement attendre de prendre la place des dirigeants actuels pour perpétuer la tradition, cette fois à leur profit (être calife à la place du calife, mais surtout pas abolir le califat!)

Cela est valable pour tout.

Dans telle commune, on trouve normal de nourrir par des cadeaux réguliers la responsable du poste de santé qui reçoit fruits, volaille, morceau de porcinho voire conserves achetées... en de telles uantités qu'elle peut en faire profiter amis et proches. Et quand elle achète une bricole dans un magasin en demandant "qu'on mette sur le compte", chacun sait qu'elle ne soldera jamais le compte!

Tout cela, juste pour avoir un accès facile aux soins quand on est malade. L'idée même que l'accès aux soins, dans l'ordre d'arrivée modulé par le degré d'urgence est un droit ne leur vient même pas à l'esprit. Et le pire, c'est que le système fonctionne en général sans coercition, que ceux qui ne payent pas ne sont guère plus maltraités que les autres - naïves victimes qui croient devoir acheter la complaisance de la responsable au cas où!

A Oiapoque, la plupart des habitants veillent à ce que leurs propres gosses soient épargnés par la prostitution infantile. Mais celle qui se déroule au vu et au su de tous et dont d'autres gamins sont victimes, ils s'en moquent éperdument. "Pas nos affaires"... et ça nuit au commerce! On sait bien que si les gens prenaient le problème à bras le corps et dénonçaient clients et maquereaux, le problème serait réglé en une semaine.

Obtenir une bourse? On sollicite le vereador ou le prefeito, qui fait remplir le dossier par un collaborateur et qui annonce "se battre pour l'avoir obtenue", qui demande implicitement ou même explicitement une compensation soit matérielle, soit sous forme de la garantie d'un "bon" vote... alors que la bourse en question est un droit fondamental - ce qu'ignorent les demandeurs!

Tant que le népotisme sera la base de la politique dans les états brésiliens sous éduqués (Amapa, Maranhão avec l'ineffable maffia Sarney, Piaui, Para, etc.) il en sera de même.
Benjamin
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